Festival des lanternes de Séoul

Depuis un an que je cherchais un moment propice pour repartir en Corée du Sud, c’est finalement début novembre 2019 que l’occasion s’est présentée. C’est mon 3e voyage en automne… J’adore cette saison, mais je voulais changer un peu, alors j’ai hésité, et failli repousser, encore et encore… Mais c’était maintenant ou… en 2021. Donc, j’ai cessé de tergiverser, et j’ai pris mon billet d’avion.

Je n’avais que deux semaines. Je voulais découvrir le Gangwon-do et l’Est du pays, mais je ne voulais pas non plus me fatiguer à changer de ville tous les jours, comme j’ai l’habitude de le faire en voyage. J’ai donc renoncer à l’Est, et plutôt décidé de couper le séjour en deux : 9 jours à Séoul, 6 à Busan. Et de faire une ou deux excursions en tour organisé depuis la capitale. Un découpage presque parfait, qui donnera lieu à un récit de voyage en deux parties d’ailleurs, pour que ce ne soit pas trop indigeste à lire. Bref, commençons par Séoul.

Comme j’ai pris la compagnie Korean Air, je suis arrivée à l’aéroport d’Incheon le soir du 4 novembre. Entre nous, même si j’apprécie le relatif confort des A380, je n’aime pas les horaires de vol. Je préfère ceux d’Air France, et arriver ainsi le matin. J’ai moins de problèmes pour surmonter le décalage horaire, et je n’ai pas l’impression de perdre une journée.

La première chose que j’ai faite avec mon amie Miss Kim, c’est d’aller au bord de la rivière Cheonggyecheon pour voir le festival des lanternes (qui a changé de nom d’ailleurs, ça s’appelle festival Bitchorong – pas très parlant pour nous étrangers, mais bon, passons). Ce festival, ou du moins cette succession de jolies lanternes en papier dans les eaux du ruisseau en contrebas, ce n’est pas une nouveauté pour moi. D’ailleurs, Miss Kim m’a fait remarquer qu’une moitié des lanternes date de l’an dernier. Et puis, après avoir vu le festival des lanternes de Jinju, celui de Séoul me semble un modèle réduit. Mais c’est une jolie façon de commencer un voyage au Pays du matin calme. Les illuminations font toujours un peu d’effet à qui sait garder une âme d’enfant.

  • Festival des lanternes de Séoul novembre 2019
    Festival des lanternes de Séoul sur la rivière Cheonggyecheon.

Dès le lendemain matin, je me suis mise en route pour deux visites qui me tenaient à cœur : le parc botanique de Séoul, dont nous avons déjà parlé, et le parc culturel Oil Tank, que je vous présenterai plus en détail dans un prochain article. Le temps était ensoleillé et il faisait presque 20 degrés (pour un 5 novembre). Idyllique pour de longues promenades. Les feuillages avaient déjà pris leurs teintes mordorées, c’est peu de dire que je me suis régalée. Mais ces deux visites sont relativement éloignées du centre-ville, je ne les conseille qu’aux passionnés de nature, ou à celles et ceux qui ont beaucoup de temps devant eux.

  • Parc botanique de Séoul automne 2019
    Parc botanique de Séoul.
  • Oil Tank Culture Park
    Parc culturel Oil Tank

J’ai passé la fin d’après-midi et la soirée du côté de la Gyeonghui Line Book Street et du quartier de Sinchon. Sinchon est à proximité de Hongdae, dans le fameux triangle d’or des universités Yonsei et Ehwa. Beaucoup de nos compatriotes y vivent. J’imagine que les loyers sont plus modérés ici qu’ailleurs dans la capitale. Mais pour un touriste de passage, à moins d’avoir vingt ans, d’aimer la musique et d’espérer y voir ses artistes préférés, c’est quand même un peu loin des principaux sites touristiques. Pour dormir à Séoul, je préfère les quartiers du vieux centre-ville.

Le lendemain, la journée a été très longue. J’avais réservé via Trazy un aller-retour en voiture pour admirer les érables du parc national Naejangsan, dans le Jeollabuk-do. Rendez-vous à 6h45 à Myeongdong, 4h de route vers le Sud… Il faut vraiment le vouloir ! Mais j’étais motivée, et puis, au retour, nous devions aussi nous arrêter au village hanok de Jeonju. Je voulais absolument visiter l’école confucéenne Jeonju Hyanggyo, qui était fermée lors de mon dernier passage. Et même si Naejangsan a fait naître en moi des sentiments contradictoires, je suis très contente d’avoir revu Jeonju et, dans l’ensemble, très satisfaite de ma journée.

  • Pavillon Uhwajeong, dans le parc national du mont Naejang.
  • L’école confucéenne de Jeonju et ses ginkgos millénaires.

Le matin suivant, je me suis levée assez tôt pour parcourir en toute intimité les allées de l’un des plus vieux, si ce n’est le plus vieux, quartier de maisons traditionnelles de Séoul : Ikseon-dong. À 10h, c’est simple, il n’y a quasiment personne dans les ruelles. Les cafés et les boutiques ouvrent plutôt à 11h, et les gens se pressent dans les allées étroites à midi. Donc, vous savez ce qu’il vous reste à faire si vous voulez visiter le coin ;-). Quoiqu’il en soit, le quartier est charmant et a fait l’objet d’une rénovation soignée.

  • Le village traditionnel de hanok de Ikseon-dong, au cœur du centre-ville de Séoul.

Dans les environs, il y a un tout récent musée – superbe et gratuit en plus – que je vous engage absolument à visiter : le musée des sites historiques de Gongpyeong (je vous en reparlerai aussi plus en détail prochainement.). Et puis, non loin de là, vous avez le temple Jogyesa, paré de ses plus belles statues de chrysanthèmes, à ne surtout pas manquer à cette période de l’année.

  • Promenez-vous dans les ruelles de Gongpyeong !
  • À l’automne, le temple Jogyesa se transforme littéralement.

L’après-midi, je suis partie à la découverte du quartier bobo de Seongbuk-dong et du temple Gilsansa. Je m’étais inscrite à une visite guidée gratuite des volontaires de la ville de Séoul. J’étais toute seule, quel luxe ! Ma guide m’a expliqué toute l’histoire romantique et mouvementée de Gilsansa, je vous raconterai tout ça un jour.

  • Gilsansa, un temple bouddhique dans un endroit très préservé de Séoul.

Le matin du 8 novembre, juste avant de quitter mon hôtel à quelques pas de City Hall, je me suis rendue du côté de la porte et du marché de Namdaemun, que je n’avais jamais visité (honte à moi). Il était trop tôt pour goûter de la street food, alors j’ai parcouru quelques rues et erré dans les allées dédiées aux fleuristes, c’était le paradis ! Ensuite, je suis allée prendre un café avec Précillia, ma consœur journaliste honoraire de Korea.net qui tient le blog Les pieds qui grattent. On n’a pas vu le temps passer tant on avait de choses à se dire !

  • Une fleuriste au marché de Namdaemun.

Puis je suis allée m’installer dans une guesthouse près du palais Gyeongbokgung, et sincèrement, je pense que j’ai trouvé l’endroit idéal où me poser désormais à Séoul (j’hésite encore à partager l’adresse). Jamais je n’aurais parié sur ce quartier à l’ouest du palais, peu desservi par le métro et trop touristique selon moi. Mais je me trompais. L’ambiance est chouette, il y a de nombreux restaurants et beaucoup de cafés cosy. Et le chant du coq au petit matin continue de me manquer, un mois après ^^. Bref, comme j’étais à deux pâtés de maisons, je suis allée visiter le très intéressant musée des palais royaux (jamais vu non plus), avant de finir la soirée, loin de là, au centre commercial Common Ground, et de rejoindre Miss Kim et Anthony pour une excellente fondue aux champignons dans le très bobo, là encore, quartier de Seongsu-dong, en lisière de Seoul Forest (ouf, que cette phrase était longue !).

  • Le complexe commercial en containers de Common ground.

Le lendemain matin, je suis arrivée à l’ouverture, à 9h, au palais Gyeongbokgung. J’étais même la première au guichet ! Quelle joie de redécouvrir cet endroit dans le calme absolu et la fraicheur du petit matin ! Les pavillons et le jardin semblaient n’être là que pour moi, et j’ai vraiment profité à fond de ce moment. Avant que les hordes de touristes n’arrivent : moins d’une heure après, l’endroit était noir de monde. En revanche, je n’avais pas compris que le joyau du palais, le pavillon Hyangwonjeong, était fermé pour restauration depuis deux ans déjà. D’ailleurs, j’ai eu la désagréable surprise de découvrir que TOUS les palais de la capitale étaient en cours de restauration. Tous, en même temps ! Ça gâche un peu les photos de vacances, il faut bien le dire…

  • Gyeongbokgung sans touristes !

L’après-midi, j’ai rejoint Miss Kim et nous avons (re)visité le quartier étudiant de Daehangno, en suivant une route un peu particulière : celle des bâtiments traditionnels. Un parcours qui nous a d’abord mené dans les hauteurs du village aux peintures murales de Iwha, avant de nous faire redescendre dans le campus de l’hôpital universitaire national de Séoul. Nous avons fini notre soirée dans les sublimes jardins éclairés du palais Changgyeonggung.

  • L’ancien hôpital Daehan, aujourd’hui transformé en musée.
  • Green House, le jardin botanique de style victorien, dans l’enceinte de Changgyeonggung.

Le jour suivant, j’ai pris un café du côté du parc Sajik, où se trouve un autel de l’époque Jeoson, puis j’ai pris la direction du palais Gyeonghuigung. En passant devant le musée d’histoire de la ville de Séoul que je connaissais déjà, j’ai continué à marcher, avant de faire demi-tour, pour aller voir l’exposition temporaire sur l’université Seonggyungwan (je devais le visiter le lendemain justement). Il faut parfois se fier à son instinct, et je ne regrette pas cette seconde visite : non seulement l’expo était belle, mais le musée est gratuit. Pourquoi se priver ? Et pourtant, il n’y a pas de touristes dans cette zone, ou si peu. Comme je déteste la foule, j’apprécie d’être seule dans des endroits magnifiques, comme le palais Gyeonghuigung. Mais je ne comprends pas bien qu’il reçoive si peu de visiteurs.

  • Le palais Gyeonghuigung et ses adorables visiteurs.

Ensuite, je me suis rendue au village musée de Donuimin, un espace culturel qui invite à redécouvrir la Corée du Sud des années 60 à 80. C’est amusant, mais vous pouvez aussi passer votre chemin. J’ai largement préféré visiter le tout nouveau Musée d’histoire du sanctuaire Seosomun. Car non seulement ce bâtiment est d’une grande beauté architecturale, mais il est aussi en grande partie dédié à l’histoire des martyrs catholiques de Corée au 19e siècle. Passionnant.

  • L’art abstrait et l’histoire se rejoignent dans le nouveau musée Seosomun.

De là, je suis allée me promener (de jour, cette fois) sur Seoullo 7017, l’autoroute transformée en promenade plantée. Puis direction le cinéma, pour aller voir un film récent, “Kim Ji Young, née en 1982”, avec Jeong Yu-Mi et Gong Yu dans les rôles principaux. Je savais que le film était adapté d’un roman, et qu’il était en proie à une vive polémique, car il dénonçait le sexisme ambiant en Corée. Mais il m’a surpris à bien des égards : je ne m’attendais pas à ce qu’il traite aussi de la schizophrénie, je ne l’avais lu nulle part (je “spoile” un peu, désolée).

Le lundi 11 à 10h, j’avais donc rendez-vous à nouveau avec un volontaire de la ville de Séoul, pour une visite guidée de l’ancienne université de Seonggyungwan (ou Sungkyunkwan, selon la transcription américaine). Encore une fois, j’étais seule avec ma guide. Et si cela n’avait pas été le cas, je n’aurais pas eu la chance de vivre une expérience culturelle très intéressante. En effet, la porte principale de l’école, d’ordinaire fermée, était exceptionnellement ouverte. Car ce jour-là, il y avait une cérémonie en l’honneur de Confucius. Des anciens, en costume d’époque, réactivaient le cérémonial de la cour royale, avec la venue du roi et du prince héritier se prosterner devant l’autel religieux. Rien que le fait de visiter cet endroit ce jour-là précisément était une chance en soi. Mais ma guide, très curieuse de tout ce décorum, posait plein de questions à droite et à gauche. On a donc fini par se faire remarquer, et comme le veut la coutume coréenne, nous avons été invitées à partager le repas de cette vénérable assemblée. C’était inattendu, et terriblement sympathique.

  • Cérémonie en l’honneur de Confucius à l’école Seonggyungwan.

La journée était déjà bien entamée, et je suis allée prendre un café pour faire connaissance avec Manon, du blog Manon en Corée. Avant de rejoindre des amis le soir pour un resto branché du côté de la gare de Séoul.

Le 12, nouvelle double excursion en dehors de Séoul, dans le district de Gapyeong (province de Gyeonggi-do). Au programme, le Jardin du Matin calme et l’île de Nami. Le rendez-vous était toujours à Myeongdong, et nous n’étions pas six, comme pour Naejangsan, mais des dizaines et des dizaines ! De quoi s’inquiéter un peu… De plus, en arrivant au jardin, le brouillard était si dense, qu’on ne voyait presque rien. Mais cela donnait une atmosphère complètement magique au lieu, et très vite, j’ai adoré cette brume matinale un peu mystique. Si vous nous suivez sur Instagram, vous savez déjà que ce Jardin du Matin calme est pour moi l’une des plus belles visites que j’ai faites en Corée, donc je n’en rajoute pas plus. Un article détaillé suivra, bien sûr.

  • L’enchanteur Jardin du Matin calme.

L’île de Nami, ou Namiseom, est aussi un bel endroit. Ce n’est sûrement pas par hasard qu’il a été choisi pour y enterrer le jeune général Nam I (enfin, on n’est pas sûr que ce soit vraiment sa tombe, mais cela fait partie du folklore). Toutefois, il s’en est passé du temps depuis le 15e siècle. Et si je ne remets pas en cause la volonté des Naminarians de faire de leur île un “pays de contes de fées”, je doute qu’ils y réussissent avec leurs 3 millions de visiteurs annuels. Disons que le conte de fées est surtout valable pour l’industrie touristique. Parce que je n’ai rien vu là-bas qui relève, pour le simple visiteur, d’une terre légendaire. Mais là encore, je détaillerais dans un prochain article, car tout de même, cela mérite de plus amples explications.

  • Les rives de Nami sont belles et les chemins sont peu empruntés des touristes.

Le mercredi 13, après avoir rencontré Clothilde et Julia du blog Korean Coffee Break, j’ai pris le train KTX en direction de Busan. En route pour la deuxième partie de mon voyage !

Annyeong !

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