affiche-bilan-drama-automne-2017

Je ne sais pas si c’est la saison qui veut ça, mais les dramas de cet automne avaient un je ne sais quoi de languissant, ce qui a eu pour effet de me rendre neurasthénique. Non pas que l’abattement soit inutile, loin de là. Mais cela m’a étonné de voir autant de séries coréennes, pourtant d’ordinaires si promptes à nous divertir, succomber à une sorte de spleen généralisé, comme si les scénaristes s’étaient donnés le mot. D’ailleurs n’avez-vous jamais l’impression que les dramas sont diffusés par « packs » ? Quand ce n’est pas le policier ou la bluette qui ont la cote, c’est la comédie de mœurs ou le voyage dans le temps qui reviennent en force. Par lots de deux ou trois. Et bien, cet automne, il m’a semblé à moi que le mot d’ordre, c’était : mélancolie. Because this is my first life, Hospital Ship, 20th century boy and girl ou encore While you were sleeping, on ne peut pas dire que l’on ait eu droit à de grandes esclafades. Même Witch’s court pouvait être morose parfois (le sujet s’y prêtait, me direz-vous). Dans tous les cas, un hymne à la lenteur, aux grands questionnements et à l’introspection, aux amours sages et réservés. Le monde des k-dramas serait-il rentré en analyse ? Fort heureusement, il y a toujours au moins une exception pour confirmer la règle !

Because this is my first life

Je fais partie de ceux qui ont vu et apprécié le drama japonais Nigeru wa haji da ga yaku ni tatsu. Lorsque j’ai lu que Because this is my first life en était un remake, je me suis dit que je ne pouvais pas passer à côté, bien que je n’avais pas prévu de le regarder. J’ai passé les deux premiers épisodes à comparer les deux versions, jusqu’à ce que je comprenne que ce n’était pas du tout un remake, mais une adaptation très libre et personnelle. D’ailleurs l’état d’esprit de la série est complètement différent. Dans Nigeru wa haji da ga, les deux protagonistes sont finalement tous les deux très rationnels et il manque clairement une pointe de fantaisie dans leur relation. La scénariste coréenne a choisi de faire de son héroïne une douce rêveuse, ce qui rend d’emblée le personnage attachant. Son « mari » est certes intéressé par l’argent, mais a-t-il vraiment besoin d’elle pour payer son crédit immobilier ? J’en doute, et même si je ne comprends pas tout de suite ce qui le motive, la suite me donne raison. Toutefois, le rythme était très lent et leur relation ne semblait pas du tout évoluer. Je ne cessais de préférer la version japonaise, beaucoup plus dynamique et tranchée. Le personnage masculin était trop lisse, trop détaché. Finalement on ne savait rien sur lui, difficile de le comprendre et de s’identifier. Vers l’épisode 9, il est devenu plus consistant, il avait « une histoire ». Le scénario m’a semblé alors plus équilibré et j’ai commencé à apprécier per se cette drôle d’histoire. Mais je dois dire que les dramas « intellectuels » sont difficiles à suivre. Ils sont forcément d’une grande richesse, tant sur le fond que sur la forme, et ils vous font réfléchir sur la nature humaine et les relations interpersonnelles. Mais ça reste quand même tortueux parfois, et on a envie de secouer tout ce beau monde comme un prunier en lui demandant d’arrêter de se prendre la tête, le monde est déjà assez pénible comme ça !

Hospital Ship

Il faut savoir que je n’aime pas trop Ha Ji-Won. Je ne la déteste pas non plus, mais je ne comprends pas qu’on s’extasie sur sa beauté (?) ou son jeu d’acteur (??). Pourtant je suis une grande fan de Secret Garden (je me demande si ce n’est pas le premier drama coréen que j’ai vu. J’hésite avec Coffee Prince, impossible de m’en souvenir…) et j’aime bien Hospital Ship, mais non, Ha Ji-Won, je n’accroche toujours pas. Par contre, je n’en dirais pas autant de son partenaire à l’écran, Kang Min-Hyuk, qui est bien la raison pour laquelle j’ai continué à regarder ;-). Comme je n’ai pas vu Heartstrings, et que je connais encore moins le boys-band dans lequel il évolue, je ne savais pas qui c’était. Pourtant j’ai vu The Heirs, mais il devait avoir un petit rôle alors, car je ne m’en souviens plus… Bref, il a un sourire charmeur à faire tomber n’importe quelle nymphette, et il ne joue pas si mal. Mais il n’empêche qu’Hospital Ship manquait sacrément de rythme… J’ai bien aimé dans l’ensemble, malgré l’avalanche de bons sentiments et l’absence de rebondissements. Ils auraient pu toutefois se passer de cette fin complètement inutile, pour ne pas dire ridicule. Placer un coup de théâtre dans un dernier épisode n’a jamais fait aucun bien à une série, ça aggrave même plutôt son cas. Mais j’essaye de ne pas m’attarder sur cette ultime déception et de me dire que la vraie héroïne dans l’histoire, c’était bien l’île de Geoje, et rien que pour ça, je suis contente d’avoir regardé. Geoje reste l’un de mes meilleurs souvenir de vacances et il faut reconnaître qu’elle a été très bien filmée dans ce drama. Du coup, j’avais plaisir à regarder les endroits que je n’ai pas pu visiter et j’étais aux anges dès que j’en reconnaissais un ! C’est bien la première fois que je préfère les lieux d’un tournage à l’histoire elle-même ^^.

20th century boy and girl

Sincèrement, voici un titre qui ne veut pas dire grand-chose. En soi, cela n’a pas tellement d’importance, mais comme je n’arrivais pas à imaginer de quoi ça parlait, je n’arrivais pas non plus à m’y mettre. Jusqu’à ce que je lise dans Dramabeans que l’OTP était « cute ». Moi, quand j’entends ce mot, je craque. Donc j’ai regardé illico. Et c’est vrai que c’était mignon, mais il a fallu plusieurs épisodes avant que ça ne le devienne vraiment et là encore, je dois dire que le rythme était assez lent. Il ne se passe pas grand-chose en fait. Le héros et l’héroïne se connaissent depuis l’enfance, ils sont chacun le premier amour de l’autre, mais pour certaines raisons, ils se sont perdus de vue et ils se retrouvent par hasard une quinzaine d’années plus tard. Entre temps la fille est devenue l’actrice la plus courtisée de Corée, et le garçon un business man accompli. Vont-ils se remettre ensemble ? Telle est la grande question qui nous tient en haleine pendant les vingt premiers épisodes. C’est fascinant, vous ne trouvez pas ? J’ironise un peu évidemment, car même si l’histoire n’est pas très palpitante, ça reste fort agréable à regarder. Mais tout de même, il y a quelque chose qui m’a mis mal à l’aise… la relation ambigüe entre Sa Jin-Jin et Anthony, le beau-frère du héros. Je comprends qu’elle l’aime avec son regard de jeune fille adolescente et qu’elle est juste éperdue d’admiration devant la star qu’il a été, mais était-ce nécessaire d’aller jusqu’à faire de leur relation quelque chose d’aussi ambivalent ? Franchement, dans un autre contexte, on la traiterait d’allumeuse, vous ne croyez pas ? Et pourquoi accepte-t-il de jouer dans le même film qu’elle alors qu’il a promis à son frère de ne plus chercher à goûter au fruit défendu ? Je comprends aussi qu’il faille du rebondissement, mais là, j’ai trouvé ça malsain. Et la fin, même si elle remet tout en place, m’a semblé quand même bien naïve. Un drama bien sympathique, mais aussi bien trop facile.

While you were sleeping

En général, quand il y a Lee Jong-Seok, je prends. Je suis un peu plus regardante depuis W, mais pas au point de ne plus le voir jouer. Alors évidemment, ce n’est pas un grand acteur capable de se renouveler à chaque série, mais il arrive toujours à capter son personnage et à lui donner un je ne sais quoi d’unique. Finalement, Lee Jong-Seok, c’est peut-être un comique qui s’ignore… Bref, face à Suzy, il s’en est bien tiré (ou ce serait plutôt l’inverse ?). L’histoire est originale : une jeune femme, dont les rêves se réalisent, croise un jeune procureur qui va la sauver d’une mort certaine. Qui est-il ? Pourquoi rêve-t-il d’elle lui aussi ? Qu’est-ce qui les lie ? Autant de questions qui, grâce à un scénario bien construit, trouvent logiquement leurs réponses au terme d’une aventure intéressante. Je ne crie pas au chef d’œuvre, loin de là, mais j’ai aimé le développement des personnages, l’amitié et la fraternité qui cimentent leur relation, et même si c’était parfois un peu soporifique (ah, la famille parfaite), je ne me suis jamais vraiment ennuyée.

Witch’s court

Ma Yi-Deum. Quel sacrée bout de femme ! Un personnage féminin aussi retors dans un drama, qui plus est une héroïne, c’est du jamais vu ! Comme elle est touchante, partagée entre son ambition dévorante et sa fragilité. Qu’elle est drôle quand elle se prend un râteau à chaque fois qu’elle essaie de séduire le héros ! C’est dommage qu’elle ne soit pas restée fidèle à elle-même jusqu’au bout, car j’ai moins apprécié ce qu’elle devient au fil des épisodes. Elle n’est pas du genre à apprendre de ses erreurs,  on peut même dire qu’elle cumule les gaffes… aux conséquences plus que fâcheuses. Son partenaire, joué par le charismatique Hyun Hyeon-Min, ne semble pas lui en tenir rigueur, prompt à croire en sa rédemption ultime. Il est plus accro à sa Ma Yi-Deum qu’il ne veut bien l’avouer, lui qui est prêt à sacrifier pour elle sa propre mère ! Toutefois, notre joli couple de procureurs en lutte contre la corruption devra affronter bien des rebondissements. Le méchant, vraiment très méchant, leur a concocté un parcours semé d’embûches, et il leur faudra une bonne dose de droiture et bien des pardons pour clore ce douloureux chapitre de leur vie et retrouver leur légèreté initiale. Je regrette que la fin ne nous donne pas toutes les réponses, mais j’ai sincèrement beaucoup aimé cette série judiciaire qui bouscule un peu les codes.

Live up to your name, Dr Heo (aka Deserving of the name)

Ah, l’exception qui confirme la règle ! Morose ce drama ? Que nenni ! Voilà un feuilleton tout ce qu’il y a de plus enjoué et comique. Un de mes gros coups de cœur de l’année, qui plus est écrit avec une maturité qui m’a fait un bien fou. Alors comme toujours, qu’est-ce qui fait qu’un drama réussit là où un autre échoue ? Question ô combien difficile à laquelle je suis incapable de répondre… D’autant que Live up fonctionne sur un ressort maintes fois utilisé : une rencontre entre deux personnes que tout oppose. Elle vit dans notre présent, il vient du passé. Elle est médecin cardiologue, il pratique l’acupuncture. Elle exerce avec ardeur dans le seul but de sauver des vies,  il profite de ses compétences pour s’enrichir. Mais les apparences sont parfois bien trompeuses et l’histoire ne s’arrête pas à la confrontation de deux êtres au caractère bien trempé. Petit à petit, le vernis se craquelle, les fêlures apparaissent et les préjugés tombent. Si le récit tourne évidemment autour de cette belle histoire d’amour, sublimée par l’incroyable alchimie entre les deux acteurs principaux, son intérêt va bien au-delà. Ce sont deux conceptions opposées du monde qui s’affrontent. À l’instar de notre héroïne qui souffre pour son valeureux médecin obligé de servir dans les temps hostiles de l’ère Joseon, l’auteur nous oblige à ouvrir les yeux sur nos propres travers contemporains, où l’on place le profit au-dessus de la valeur humaine. Le message est fort, sans compromis, mais sans jugement aussi, et en cela, c’est une réussite. Un drama à découvrir, si ce n’est déjà fait.

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