En France, en ce moment, les hibiscus sont en pleine floraison. Cette très jolie plante ornementale de la famille des Malvacées aime le soleil et fleurit en été, parfois même à l’automne, lorsque le temps est clément. S’il existe plusieurs centaines d’espèces d’hibiscus, il y en a au moins deux qui nous sont parvenues des régions tempérées d’Extrême-Orient : l’Hibiscus syriacus, que l’on nomme « Mugunghwa » en Corée du Sud, et l’Hibiscus rosa-sinensis (ou hibiscus Rose de Chine). La première est devenue la fleur nationale de la péninsule sud-coréenne, et la seconde est aujourd’hui le symbole des îles Hawaii et de la Malaisie.

Un peu de botanique

Je lis partout que le Mugungwha est une Rose de Sharon. Cette traduction anglaise, sans être inexacte, est un peu trop facile et ne rend pas compte des variétés botaniques. En effet, le nom « Rose de sharon » est commun à un ensemble assez large de plantes à fleurs : on y retrouve bien notre Hibiscus syriacus, mais également des plantes issues de la famille des Hypéricacées (comme le millepertuis à grandes fleurs) ou bien certaines variétés d’iris, de fleurs de pommiers ou de pivoines de Chine. Comme vous le voyez, c’est très varié… En France, le nom usuel donné au Mugunghwa est « Althéa » de part sa parenté avec ce genre (qui comprend notamment l’espèce des guimauves).

Trois grandes variétés

Les variétés de Mugunghwa sont regroupées selon la couleur de leur corolle:

  • les hibiscus « dansim »  ont des pétales blancs, rouges, violets ou bleus et un coeur rouge intense ou violet,
  • les hibiscus « baedal » sont des fleurs d’un blanc très pur,
  • les hibiscus « asadal » ont des pétales blancs et un coeur rouge intense qui tend à devenir rose lorsque la fleur fâne
@République de Corée, Ministère de l'intérieur

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Un symbole historique

Les Coréens sont très attachés au Mugunghwa, dont le nom signifie « fleur éternelle qui ne se fane jamais » (無窮花 en hanja). Les sources historiques font déjà état de cette « fleur céleste » durant la période Gojoseon (ou Joseon ancien, le nom que l’on donne au royaume qui marque l’apparition de la civilisation coréenne entre 2333 et 108 avant J.-C.). Le royaume de Silla (57 av. J.-C. – 935) se faisait également appeller « Geunhwahyang », c’est-à-dire « le pays des fleurs d’hibiscus ». Les Chinois, quant à eux, avaient coutume de parler de la Corée en ces termes : « La terre des Sages où fleurissent les hibiscus ».

À la fin du 19ème siècle, deux indépendantistes composent l’hymne national sud-coréen (Aegukga, ou « chanson de l’amour pour le pays »), dont le refrain est : « Mugunghwa samcheolli hwaryeo gangsan, daehan saram, daehaneuro giri bojeonhase », ce qui signifie littéralement : « des hibiscus et trois mille ri de splendides rivières et de montagnes; gens de Corée, préservons notre pays à la manière coréenne ».

Après l’occupation japonaise, le gouvernement a fait de l’hibiscus la fleur symbole du pays. Sa longévité et sa grande capacité d’adaptation expliquent sûrement pourquoi elle illustre parfaitement le caractère volontaire du peuple coréen.

La fleur est aujourd’hui utilisée sur les différents emblèmes gouvernementaux, comme celui de la présidence, du législateur ou de la Cour suprême.

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