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Voyager à vélo en Corée du Sud, cela vous tente ? Je ne vous parle pas d’enfourcher une bicyclette et de vous promener le long du fleuve Han (quoique, c’est une activité que je conseille). Non, je vous parle d’entreprendre un vrai périple au cœur de la péninsule coréenne, à la découverte de ses paysages et à la rencontre de ses habitants.

Je ne sais pas si vous le savez, mais il existe un excellent réseau de pistes cyclables en Corée du Sud. D’ailleurs, le vélo est de plus en plus populaire parmi la jeune génération. En 2012, le gouvernement a achevé la construction de grandes voies pour cyclistes, dite des “4 fleuves” (les fleuves Yeongsang, Nakdong, Geum et Han). Aujourd’hui, le réseau s’est élargi, mais il est une piste très connue entre toutes : celle qui relie Incheon à Busan, longue de 633 km. C’est de loin la plus difficile, mais si vous parvenez à la conquérir, toutes les autres vous paraîtront faciles !

De Séoul à Busan en une semaine

Je visite souvent le site voyageforum.com, et notamment la rubrique “Corée du Sud”. J’essaie toujours de répondre, dans la mesure de mes connaissances, aux personnes qui s’interrogent sur leur prochain voyage au pays du Matin calme. Et c’est ainsi que j’ai fait la connaissance de Pierre, qui s’apprêtait à s’élancer sur la fameuse piste cyclable, dans l’espoir de relier Séoul à Busan en une semaine. C’était à l’automne dernier.

Je l’avoue, j’ai complètement craqué sur son projet, à la fois admirative et envieuse (moi qui n’ai jamais réussi à pédaler plus de 20 km par jour). À son retour, je me suis régalée à lire son carnet de voyage. J’étais tellement curieuse de savoir comment il s’en était sorti, sans parler la langue et avec, au final, peu d’infos sur cette voie cyclable. Et il s’en est très bien tiré, malgré quelques déconvenues inhérentes à ce genre de voyage.

Personnellement, je ne sais pas si j’aurai un jour le courage de me lancer dans une telle aventure. Je sais pourtant que d’autres Français l’ont fait, on trouve des vidéos sur Youtube. Donc pour en savoir plus (dans l’espoir secret de pédaler un jour en Corée, moi aussi ^^) j’ai voulu poser quelques questions à Pierre. Et il a eu la gentillesse d’accepter ma petite interview.


Bonjour Pierre, peux-tu te présenter en quelques mots ?

Je m’appelle Pierre Létienne, j’ai 40 ans, père de deux garçons, et je suis professeur des écoles en région parisienne. Je voyage autant que possible depuis une vingtaine d’années, auparavant en montagne, désormais à vélo et en fourgon (en famille) principalement. Mes envies de voyage m’ont amené à enseigner à l’étranger : aux Émirats Arabes Unis et au Qatar.

Pourquoi avoir choisi la Corée du Sud pour un périple à vélo ?

Et pourquoi pas ? Plus sérieusement, c’est cette longue piste cyclable de 633 km qui traverse le pays du nord au sud qui m’a tapé dans l’œil. C’était selon moi une façon originale de traverser ce pays qui m’était inconnu. J’ai entrepris ce voyage avec mon ami Jean-Pierre.

Pierre à droite, son ami Jean-Pierre à gauche.

Que connaissais-tu de la Corée du Sud avant d’y aller ?

Je ne connaissais la Corée du Sud qu’à travers le cinéma (Memories of murder, Old Boy, The strangers…), que j’apprécie beaucoup.

Comment as-tu préparé ton voyage à vélo en Corée du Sud ?

À vrai dire, je ne l’ai pas préparé beaucoup, si ce n’est physiquement, pour être capable de rouler 100-120 km par jour. J’ai vu qu’il existait une piste cyclable du nord au sud, je me suis renseigné sur les moyens pour relier Busan à Séoul en transports en communs (je crois que tu m’y a aidé), et j’ai réservé la première nuit dans la capitale. Rien de plus…

Comment as-tu choisi ton parcours ? As-tu tout planifié avant ton départ, ou bien as-tu laissé une place au hasard ?

La piste reliant Séoul à Busan, nous n’avions qu’à la suivre (ce qui ne nous a pas empêchés de nous perdre). Je voulais avoir un peu de temps pour visiter Busan (ce fut court mais intense) et deux jours pleins à Séoul (tout aussi intense). Les étapes n’étaient pas du tout planifiées, nous nous sommes laissés surprendre au fil de la piste…

Quelles sont les principales difficultés que tu as rencontré dans ce voyage ?

La signalisation n’est pas toujours affichée en caractères européens, et l’anglais est peu pratiqué dans le cœur du pays. Nous nous sommes perdus plusieurs fois, mais nous avons toujours retrouvé le chemin… Souvent, il nous était difficile de savoir ce qu’il y avait exactement dans notre assiette !

Est-ce qu’un voyage à vélo est propice aux rencontres avec les Coréens ? Comment réagissaient ces derniers quand ils te voyaient ?

Le vélo, c’est un capital sympathie et c’est vrai que le fait que nous soyons les seuls occidentaux a joué en notre faveur. Je dirais que les contacts furent discrets et chaleureux à la fois.

Un jour, mon compagnon de route a eu un contact très proche avec un cycliste coréen, il lui a foncé dessus à vélo. Le vélo de mon ami étant hors-service, le cycliste coréen lui en a repayé un tout neuf !

Faut-il être un cycliste averti pour entreprendre un tel voyage, ou bien un cycliste du dimanche peut-il le réaliser ? Quels conseils pourrais-tu donner aux lecteurs qui envisageraient de se lancer ?

Tout dépend du nombre de kilomètres que l’on souhaite faire par jour. Les hébergements ne sont pas cependant très fréquents. Je pense qu’il faut être capable de parcourir une centaine de kilomètres quotidiens (pendant 6 ou 7 jours). Il faut donc s’entrainer avant si l’on n’est pas cycliste.

Si c’était à refaire, est-ce que tu le referais ?

Sans hésiter. J’ai une vraie nostalgie de ce voyage à vélo, un voyage singulier entre modernité et tradition…


Je remercie Pierre d’avoir bien voulu partager avec nous son expérience du voyage en Corée. Ce n’est pas si courant de parcourir ce pays à vélo ! Plus généralement, si vous aimez les voyages, je ne peux que vous inviter à parcourir son site : www.world-blogueur.com. On y trouve l’intégralité de ses aventures. Pierre est à deux doigts d’avoir fait le tour de la planète ^^. Et en plus, vous l’aurez remarqué, il fait de superbes photos. Celles qui illustrent cet article sont toutes tirées de son carnet de voyage, mais il y en a tant d’autres à admirer ! En bref, Pierre, c’est un homme généreux et talentueux, que je suis très heureuse d’avoir connu grâce à la Corée du Sud. Encore merci !

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