Mmyeongryang

MYEONGRYANG, LE FILM : UN ÉPISODE CHARNIÈRE DE L’HISTOIRE DE LA CORÉE

L’industrie du film en Corée du Sud est l’une des rares à résister sur son propre marché au cinéma américain. Et la sortie le 30 juillet dernier de Myeongryang : hoeori pada (Bataille de Myeongryang : tornade en mer) en apporte encore une fois la preuve : 4,8 millions de tickets ont été vendus en seulement cinq jours, battant ainsi tous les records du box-office, et consacrant par la même occasion la popularité du réalisateur Kim Han-Min, déjà aux commandes de War of the Arrows Choejongbyeonggi hwal), le plus gros succès cinématographique de l’année 2011 en Corée, que les Français ont eu la chance de découvrir lors de la 7ème édition du festival du film coréen à Paris en 2012.

La Guerre Imjin

Ceci me donne l’occasion de relater un épisode authentique de l’histoire de la Corée, celui dit de la Guerre Imjin. A une époque où les dirigeants politiques de la Dynastie Joseon (1392-1910), divisés en deux écoles confucianistes, passent le plus clair de leur temps à batailler entre eux sans se préoccuper des affaires du royaume, le Japon voisin met à profit ces luttes incessantes pour tenter d’envahir la Corée et, sous prétexte d’emprunter les routes de la péninsule pour attaquer la Chine, débarque à Pusan en 1592. Mal préparés, les Coréens sont rapidement vaincus et en moins de trois semaines les soldats japonais débarquent à Séoul. C’était sans compter toutefois sur le génie de l’Amiral Lee Sun-shin, à la tête de l’une des flottes les plus modernes de l’époque, composée notamment des “bateaux tortue” (Keobuk seon), premiers cuirassés blindés et étanches de l’histoire inventés par l’amiral en personne.

La contre-offensive de Lee Sun-Shin (I Sun-Sin) est décisive et avec l’aide militaire de la dynastie chinoise de Ming, l’armée japonaise est repoussée jusqu’à l’extrême sud-est de la péninsule. Une trêve est fixée, permettant aux japonais de s’installer dans cette partie du royaume.  De son côté, Lee Sun-Shin s’octroie l’île fortifiée de Han San mais des courtisans jaloux de son succès l’accusent de trahison. Bien que jugé et acquitté, il est alors destitué au rang de simple soldat.

Toutefois le Japon, mécontent des compensations obtenues après la guerre, tente une nouvelle invasion de la Corée en 1597. Lee Sun-Shin est rappelé à ses fonctions mais il refuse de se battre alors même qu’un agent double tente de le convaincre d’intercepter la flotte japonaise à un moment et un endroit précis. Remplacé par l’Amiral Won Gyun, ce dernier tombe dans le piège et la quasi totalité de la flotte coréenne est anéantie, à l’exception de treize navires contrôlés par le commandant Bae Sol. A nouveau rappelé par le roi, Lee Sun-Shin livre alors une bataille des plus miraculeuse à Myeongryang, entraînant douze de ces treize bateaux à l’assaut des trois cent trente trois navires nippons et remportant le combat le 16 septembre 1597, devenant ainsi le héros national de la Corée.

Espérons que le film de Kim Han-Min sorte prochainement sur les écrans français, afin que nous puissions découvrir en images cette bataille épique encore aujourd’hui au cœur des relations nippo-coréennes. En attendant, régalons-nous de la bande-annonce sous-titrée en anglais.

Apprenons le coréen !

APPRENONS LE CORÉEN ! NIVEAU DÉBUTANT A1>A2 (MANUEL)

Lorsqu’on choisit d’apprendre le coréen, on est vite confronté à un problème de taille : rares sont les manuels rédigés ou traduits en français. La plupart le sont en anglais. Ce qui implique de bien maîtriser toutes les subtilités de la langue de Shakespeare si l’on veut progresser utilement. Heureusement, l’offre en français s’étoffe et …

L'arche de Versailles

LEE UFAN À VERSAILLES

Si vous passez par la région parisienne cet été, pourquoi ne pas aller vous promener du côté de Versailles ? Dans les jardins du château sont exposées depuis le 17 juin dix œuvres monumentales du peintre minimaliste et sculpteur coréen Lee Ufan (I U-Hwan).
Lee Ufan - L'Arche de Versailles

Né en 1936 dans le district de Haman (Gyeongsangnam-do), ce philosophe et théoricien du Mono-ha s’est installé à Yokohama en 1956 et s’est particulièrement engagé à faire connaître et reconnaître ce mouvement artistique japonais issu de l’art conceptuel.

Ses sculptures se composent essentiellement de pierres naturelles et de matériaux industriels comme l’acier. La série Relatum, qu’il nous est proposé de découvrir à Versailles, exprime que “l’œuvre d’art n’est pas une entité indépendante et autonome, mais qu’elle n’existe qu’en relation avec le monde extérieur”. Lee Ufan définit d’ailleurs sa production comme une rencontre entre intérieur et extérieur permettant d’envisager un espace poétique qu’il nomme “art de la résonance”.

Linéaires ou circulaires, ces dix œuvres inédites se mêlent le plus souvent avec bonheur aux différents espaces qu’elles ont investi. Vous avez jusqu’au 2 novembre 2014 pour les admirer. Je vous conseille de venir tôt pour profiter du calme des allées et des bosquets royaux. La promenade n’en sera que plus poétique.

L'ombre des étoiles
Relatum – L’ombre des étoiles
Dialogue Z
Relatum – Dialogue Z
Le bâton du géant
Relatum – Le bâton du géant