Chungcheongnam-do Jeollanam-do Patrimoine mondial de l'UNESCO

Les aires historiques de Baekje

La Corée du sud compte actuellement 14 sites inscrits au Patrimoine mondial de l’UNESCO, dont les aires historiques de Baekje depuis juillet 2015.

Ce qu’on appelle les aires historiques de Baekje, ce sont les vestiges de trois des dernières capitales de l’ancien royaume de Baekje : Buyeo et Gongju, dans la province de Chungcheongnam-do ; Iksan, dans celle de Jeollanam-do. Trois villes situées dans les régions montagneuses de l’ouest de la péninsule coréenne.

Le royaume de Baekje a perduré près de 700 ans, entre -18 av. J.C et 660 de notre ère. Il formait l’un des Trois royaumes de Corée, avec ceux de Goguryeo et Silla. Entre alliances et guerres, ces royaumes ont essayé d’étendre chacun leur territoire. Baekje a ainsi conquis presque tout le sud de la Corée. Ses dirigeants ont su réformer leur système politico-social et développer des relations avec les voisins chinois et japonais. On l’oublie souvent, mais Baekje a permis l’introduction de la poterie et du bouddhisme au Japon !

Malheureusement, au 5e siècle, Baekje a été vaincu par Goguryeo. En déplaçant leur capitale à deux reprises, à Ungjin (actuelle Gongju) et Sabi (actuelle Iksan), les dirigeants de Baekje ont tenté de maintenir leur culture. Mais ils ont été définitivement anéantis par le royaume de Silla en 660. Une fin bien triste, même si, heureusement, il nous reste quelques beaux vestiges à visiter !

Les vestiges de Baekje à Buyeo

Buyeo accueille 4 des sites inscrits à l’UNESCO :

  • les tombes royales de Neungsan-ri ;
  • les remparts de Naseong ;
  • le temple Jeongnimsa ;
  • la forteresse Busosanseong et le site archéologique de Gwanbuk-ri.
Remparts de Naseong à Buyeo en Corée du Sud
Les remparts de Naseong à Buyeo.

Je ne les détaillerai pas à nouveau ici, je vous renvoie à mon article Une journée à Buyeo, où je vous raconte mon itinéraire de visite en octobre dernier.

Les vestiges de Baekje à Gongju

Gongju a été la capitale du royaume de Baekje durant la période Ungjin (475-538). Deux de ses sites sont inscrits au Patrimoine mondial de l’UNESCO :

  • les tombes royales à Songsan-ri ;
  • la forteresse Gongsanseong.

Les tombes royales à Songsan-ri

Ces tombes royales sont situées au sud-ouest du fleuve Geumgang sur une petite colline haute de 75 mètres. À l’origine, il y avait douze tombes sur le site, mais il n’en reste plus que sept, dont l’une appartenant au roi Muryeong.

Il y a deux types distincts de tombes :

  • Cinq ont une chambre funéraire faite de pierres empilées, avec un couloir et une entrée. Ce type de tombe était le plus répandu durant la période Baekje.
  • Deux tombes ont un style chinois : elle sont en brique et ont une forme rectangulaire. C’est le cas de la tombe du roi Muryeong. Cela s’explique par le fait que sous son règne, les échanges culturels étaient très actifs avec la dynastie Liang. Mais ce style n’a pas perduré longtemps.
Crédits photo : Ryuch © Wikipedia

La découverte de la tombe du roi Muryeong s’est faite par hasard, lorsqu’en 1971 des travaux ont été effectués sur les tombes numéros 5 et 6 pour cause d’infiltration d’eau et de moisissures. Une découverte exceptionnelle, près de 1500 ans après sa mort ! On y a répertorié plus de 4600 objets, soit le plus grand nombre de trésors nationaux trouvés dans une tombe royale. Parmi ces objets notamment, des ornements de diadème en or, des boucles d’oreilles en or, des repose-tête en bois, des repose-pied, des miroirs en bronze et une statue de gardien en pierre et objets en jade.

Ce qui est exceptionnel aussi, c’est qu’il s’agit de la seule tombe de la période dite des Trois Royaumes dans laquelle l’identité de l’occupant est confirmée. La tablette mortuaire découverte à l’intérieur de la tombe indique précisément l’identité du roi Muryeong, la date de son décès et l’année de son enterrement.

Pour compléter la visite de ces tombes, vous pouvez visiter le Musée historique Ungjin Baekje, adjacent au site.

Non loin de là, vous avez également le Musée national de Gongju et le village hanok de Gongju.

En savoir plus sur les tombes royales à Songsan-ri

En coréen : 송상리고분군 (Songsanri Gobungun)
Adresse : 37-2, Wangneung-ro, Gongju-si, Chungcheongnam-do
Horaires : ouvert tous les jours de 9h à 18h, sauf le 1er janvier et pendant les fêtes de Seollal et Chuseok.
Tarifs : adulte, 1500 wons (env. 1,10 euro) ; adolescent, 1000 wons (env. 0,75 euro) ; enfant, 700 wons (env. 0,50 euro).
Site Internet : www.gongju.go.kr

La forteresse Gongsanseong

Lorsque cette forteresse de la période Ungjin servait de forteresse défensive et de palais royal, elle se nommait Ungjinseong. Déployée sur plus de 200 000m² environ, elle était placée de manière stratégique, entourée de montagnes à l’est, à l’ouest et au sud, et délimitée par le fleuve Geumgang au nord. On peut voir aujourd’hui que les murs de la forteresse comprennent des sections en terre, datant de Baekje, et en pierre, plus tardives, de l’époque Joseon.

Du palais royal, situé au sommet du pic ouest à l’intérieur de la forteresse, on avait vue sur le fleuve et les tombes royales de Songsan-ri.

Crédits photo : gongju.go.kr

Les fouilles ont permis de mettre à jour toute une organisation interne (bâtiments, escaliers, routes, stockage de l’eau, canalisations), ainsi que de nombreux objets comme des tuiles, des miroirs en bronze ou de la poterie. On a aussi découvert des équipements militaires, comme des armures en cuir laqué et en fer, des armures de cheval et de longues épées.

La visite de la forteresse est libre mais on peut suivre deux parcours de visite, d’une durée de 2 heures environ. Une chose intéressante à savoir si vous y allez : la relève de la garde a lieu tous les weekends de mai à octobre.

En savoir plus sur la forteresse Gongsanseong

En coréen
 : 공산성 (Gongsanseong)
Adresse : 280, Ungjin-ro, Gongju-si, Chungcheongnam-do
Horaires : ouvert tous les jours de 9h à 18h, sauf le 1er janvier et pendant les fêtes de Seollal et Chuseok.
Tarifs : adulte 1 200 wons (env. 0,90 euro) ; jeune 800 wons (env. 0,60 euro) ; enfant 600 wons (env. 0,45 euro).
Site Internet : www.gongju.go.kr

Les vestiges de Baekje à Iksan

La ville d’Iksan dans la province de Jeollanam-do comporte deux sites classés au Patrimoine mondial de l’UNESCO :

  • le site du temple Mireuksa ;
  • le site archéologique à Wanggung-ri.

Le site du temple Mireuksa

Situé sur une plaine au pied du mont Mireuk à 30m d’altitude, ce temple était le plus grand d’Asie de l’Est et le plus ancien de Corée.

Il y avait à l’origine trois pagodes sur le site, dont une seule a plus ou moins résisté aux dommages du temps (6 des 9 étages sont encore debout). En raison de son importance historique, elle a été classée Trésor national n°11. Une autre pagode de 30m de haut a été reconstruite en 1992.

Crédits photo : Iksan National Museum

On dit que le temple Mireuksa a été construit pour réaliser la prophétie de Maitreya, le Bouddha qui succédera à Shakyamuni. Une inscription trouvée dans la pagode occidentale précise qu’il date de 639, et que c’est la reine de Baekje qui en ordonna la réalisation.

Malheureusement, le temple a été détruit au moment de l’invasion japonaise de 1592. C’est pourquoi il ne reste qu’un ensemble somme toute assez modeste. Mais on peut admirer les reliques dans le musée national d’Iksan, attenant au site.

En savoir plus sur le site du temple Mireuksa

En coréen : 미륵사지 (Mireuksaji)
Adresse : 97 Giyang-ri, Geumma-myeon, Iksan, Jeollabuk-do
Horaires : ouvert tous les jours de 9h à 18h, fermé les lundis, le 1er janvier et pendant les fêtes de Seollal et Chuseok.
Tarifs : gratuit
Site Internet : Musée national d’Iksan

Le site archéologique à Wanggung-ri

Ce site était à l’origine un palais royal. Il a été transformé en temple bouddhique au VIIe siècle, comme l’atteste la présence d’une pagode à 5 étages.

Crédits photo : Kyklyj – 자작 / Wikimedia Commons

Construit au pied du mont Yonghwa, ce palais avait été posé sur une petite surélévation artificiellement créée pour l’occasion, afin de le rendre encore plus majestueux. Les fouilles ont permis de retrouver une partie de sa structure, ainsi que plus de 5000 objets, comme des tuiles, des bols, de la poterie chinoise, des pierres de décoration dans un jardin à l’arrière et des produits en or dans un atelier d’artisan.

L’atelier servait sûrement à créer des objets en or et en argent, ainsi que de la verrerie. Quand au jardin, il était composé d’un système de stockage hydraulique, dont on pense qu’il permettait de reproduire le paysage alentour.

Du palais, il ne reste que les fondations. Il est un peu difficile de s’y projeter, tout comme au temple Mireuksa.

En savoir plus sur le site archéologique à Wanggung-ri

En coréen : 왕궁리유적 (Wanggung-ri Yujeok)
Adresse : 666 Gungseong-ro, Wanggung-myeon, Iksan, Jeollabuk-do
Horaires : ouvert tous les jours de 9h à 18h, fermé les lundis, le 1er janvier et pendant les fêtes de Seollal et Chuseok.
Tarifs : gratuit
Site Internet : www.baekje-heritage.or.kr


Beaucoup des aires historiques de Baekje sont à l’écart des circuits habituels de visite. Moi-même, je n’ai pas encore eu l’occasion de visiter les sites de Gongju et Iksan. Mais la rédaction de cet article m’aura permis d’enrichir mes connaissances sur l’histoire et la culture ancienne de la péninsule coréenne. Et m’aura donné envie de compléter ma visite des aires de Baekje, à l’histoire si riche.

Si, de votre côté, vous souhaitez en savoir plus sur ce royaume, mais que vous ne pouvez pas quitter la capitale, je vous invite à visiter (gratuitement) le Musée Baekje de Séoul, qui se situe dans l’enceinte du Parc olympique. D’ailleurs, saviez-vous que le parc a été construit sur le site de la forteresse Mongchontoseong, qui date de la période Baekje ?


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