Street Art a Seoul

Si vous souhaitez un jour vous réincarnez en chat, il se peut que la Corée ne soit pas le meilleur endroit pour le faire. D’ailleurs si vous allez en Corée du Sud, il se peut que vous voyiez peu de chats ou même pas du tout… De là à dire que les coréens n’aiment pas les chats, ce serait exagéré, mais bon… ce n’est quand même pas leur animal préféré.

Alors pourquoi parler des chats en Corée, me direz-vous ? Parce que je réponds à la demande expresse d’une amie (« s’il te plaît, parle des chats sur ton blog ») et aussi parce que je ne vois pas de raison de se censurer et de ne pas en parler. Aimer un pays ou sa culture, c’est une chose, n’en voir que les aspects positifs, c’en est une autre.

Une dure vie de chat

Puisque je sous-entends qu’il y a des points négatifs, commençons sans tarder par ceux-là. Je finirai ainsi sur une note plus joyeuse !

Le point qui pose le plus problème à nous autres occidentaux, c’est la viande de chat… Mais penser que les Coréens mangent du chat serait une erreur ! S’il est vrai que les Coréens mangent du chien, à l’instar d’autre pays comme le Vietnam ou la Chine, la jeune génération s’y refuse désormais et il y a fort à parier que cette coutume disparaîtra bientôt. Le chat n’est donc pas consommé en Corée, mais sa viande bouillie peut servir à préparer des remèdes contre les névralgies et l’arthrose…

En Asie en général, le chat et l’homme entretiennent depuis toujours des rapports qui oscillent entre vénération et crainte. Créature diabolique ou au contraire dotée d’une grande sagesse (pour ne pas avoir pleuré la mort de Bouddha – mais là encore c’est un point de vue car certains les détestent aussi pour cela !), l’image du chat coréen est fortement liée à la campagne. Son rôle premier est de chasser les nombreux rats et ils sont donc le plus souvent laissés à l’état sauvage. Ils sont très difficiles à approcher car ils craignent l’homme. On dit aussi que leur caractère indépendant ne convient pas trop aux Coréens qui ont une conscience aiguë de la notion de « groupe ».

Un chat a Seoul

Un chat dans les rues enneigées de Séoul : le seul aperçu en une semaine ! ©Myu-ri

 

Les bars à chats

En ville, les chats sauvages ne sortent qu’à la nuit tombée et on les croise plutôt aux abord des restaurants. Les chats domestiqués restent à l’intérieur des maisons et s’il est difficile de les dénombrer, la bonne nouvelle, c’est qu’ils sont devenus bien plus populaires ces dernières années. Le nombre de bar à chats en constante augmentation y est sûrement pour beaucoup et les Coréens, qui étaient peu habitués à leur compagnie, commencent à les apprécier sincèrement.

La mode des bars à chats vient du Japon et depuis deux ou trois ans, on en trouve partout à Séoul ! Après avoir payé l’entrée, qui inclus parfois une boisson ((8000 wons soit environ 6 euros), et s’être déchaussé puis désinfecté les mains, on est autorisé à entrer dans le café sous certaines conditions : il est interdit de réveiller les chats, d’utiliser le flash quand on les photographie et bien sûr de les maltraiter !

S’occuper d’un chat en Corée du sud

À Séoul il existe une rue très célèbre où l’on trouve la plupart des animaleries de la ville, ainsi qu’un grand nombre de cliniques vétérinaires : c’est la Chungmuro Pet Street (ligne 3 ou 4 du métro). Mais de l’avis de tous, outre le fait qu’on y vend surtout des chiots et très peu de chatons, il est déconseillé d’y acheter votre animal préféré, car leur provenance est parfois douteuse (les chats sont souvent malades) et les prix pratiqués bien trop chers. Il vaut mieux vous adresser à des organisations comme Korea Animal Protection Society, Animal Rescue Korea  ou encore auprès des refuges qui y sont listés. Mais sachez qu’avoir un chat en Corée, ça peut coûter cher : 300 euros pour les vaccins et une stérilisation, sans compter qu’il est très difficile de trouver de la litière ou de la nourriture pour chats.

Le chat, un animal populaire

Même si la vie de chat n’est pas facile en Corée, il lui arrive d’être populaire ! Le cinéma et les dramas coréens en ont souvent fait un personnage central : en 2001, dans Koyangi reul putak hae (Prends soin du chat), premier film de la réalisatrice Jeong Jae-eun, Tee Tee, un chat abandonné, est ballotté entre cinq jeunes femmes, au gré des circonstances de leur vie personnelle et professionnelle, comme un écho à leur difficulté à se construire et à l’incertitude de leur avenir. En 2011, Koyangi (Le chat), film d’épouvante réalisé par Byeon Seung-wook, raconte la vie d’une jeune toiletteuse obligée de recueillir le chat persan de l’un de ses clients décédé et qui sombre dans le pire des cauchemars lorsque ses proches sont assassinés les uns après les autres alors qu’elle est hantée par les apparitions d’une petite fille aux yeux de chat. Brrr…. Mais parfois le chat est aussi synonyme de bonheur : ainsi, dans le drama de la chaine KBS A Cat Meow, diffusé à l’été 2014, c’est grâce à un chat abandonné que les personnages principaux font connaissance. Dans Imaginary Cat, diffusé sur MBC en 2015, c’est aussi le chat du héros qui lui permet de rencontrer sa belle. Le chat au cœur de rencontres amoureuses ? Puisque je vous disais que j’allais finir sur une note positive !

Koyangi neun itta

Koyangi neun itta ! @KBS

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