Noël en Corée du Sud, c’est beaucoup d’illuminations. À Séoul, les sapins de Noël sont devenus une tradition, un passage obligé même pour certains, comme l’immense arbre de City Hall, devant la municipalité, ou celui accroché à la façade du grand magasin Shinsaegae de Myeongdong (découvrez-les sur notre compte Instagram). Qu’ils brillent de mille feux, ou qu’ils soient plus modestes, un Noël sans sapin, ce n’est pas un Noël, même à Séoul. Ils fascinent les yeux de tous ceux qui ont gardé une âme d’enfant.

Pour son premier Noël en 2017, la toute nouvelle Starfield COEX library, à Gangnam, avait décidé de frapper fort, avec un gigantesque sapin doré, si éclatant qu’il en éclipsait presque la lumineuse architecture de la bibliothèque ! Cette année, le sapin est peut-être moins fastueux, il n’en reste pas moins une œuvre impressionnante. On la doit à un artiste américain, Mike Stilkey.

Noël 2018 Starfield COEX Library Mike Stilkey

Mike Stilkey, l’homme qui aimait peindre les livres

Mike Stilkey est né à Los Angeles en 1975. La page blanche, il ne connaît pas, elle l’effraie même. Il a toujours aimé griffonner sur des supports usagés, comme de vieilles pages de livres. Jusqu’à ce que l’idée lui vienne de superposer les livres en question et de peindre sur les couvertures. Il possède chez lui entre 500 et 1 000 livres, qu’il a « sauvés » du pilon. Il leur redonne une seconde vie, sous la forme de peintures ou de sculptures. Mais comment fait-il pour sélectionner ceux qui intégreront son projet artistique ? Comme il l’explique lui-même dans une interview accordée au New Yorker : « Je considère plusieurs aspects du livre lorsque je le choisis pour une peinture. L’un est la couleur de la couverture du livre, l’autre est le matériau de la couverture, et le troisième est le titre du livre et son lien avec la narration de l’œuvre ».

Sa carrière a décollé en 2013, avec une gigantesque sculpture appelée « Discarded romance« , qui ressemble à celle installée à la Starfield COEX Library cette année. Il installe tout d’abord les livres, sans plan pré-établi, et l’image se forme d’elle-même dans sa tête. Il peint alors ce qui lui vient à l’esprit, en mélangeant encre, crayon de couleur, peinture et laque. Avec pour résultat, des personnages fantaisistes qui semblent sortis tout droit d’un conte de fées. Son travail rappelle certains expressionnistes allemands de l’époque de Weimar. Il y aussi un peu d’Egon Schiele dans ses mélanges poétiques.

Wonderland

Wonderland, c’est le nom de l’œuvre que la Starfield COEX Library a décidé de présenter cette année comme décor de Noël. Un arbre étonnant de 9 mètres de haut, composé de près de 14 000 livres. Les étoiles et la lune accrochées à la verrière complètent parfaitement l’ensemble, ajoutant une petite touche de féérie à ce triptyque plein de fantaisie. L’artiste l’a voulu joyeux, pour que les visiteurs ressentent tout le plaisir de cette fête. On y retrouve des chats qui dansent sur la tête d’un ours gigantesque, un renne dévalant une pente enneigée sur sa luge en bois. Et même une girafe sur son grand-bi coloré qui nous rappelle la fin du 19e siècle. Je ne sais pas pour vous, mais j’y vois une ode à la joie, à la liberté et à la légèreté, et j’ai l’impression de mieux comprendre Mike Stilkey quand il nous dit : « Just do it. Just go for it ».

Mike Stilkey est un autodidacte, qui a aussi ses détracteurs. Je n’en fais pas partie, et je pense que tout ce qui peut amener à sublimer le livre, aussi bien son contenant que son contenu, est une preuve de l’amour qu’on lui porte. Je suis heureuse d’avoir pu découvrir son œuvre grâce à la Starfield COEX Library de Séoul. Cette ville continuera à m’inspirer encore très longtemps, c’est certain !

Pour en savoir plus sur Mike Stilkey, découvrez sa galerie en ligne sur le site www.mikestilkey.com. Vous pouvez aussi visionner cette vidéo mise en ligne pour l’occasion par la Starfield COEX Library.

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