affiche dramas quatrième trimestre 2017

Vous m’excuserez par avance de rédiger avec autant de retard un bilan sur les k-dramas de l’été. C’est que, voyez-vous, j’étais en voyage en Corée du Sud ces dernières semaines. Je pensais pouvoir le rédiger sur place, mais vous imaginez bien que j’ai été trop occupée pour écrire quoi que ce soit ^^.  Bref, comme il n’est jamais trop tard pour bien faire, voici mon avis sur les kdramas visionnés entre juillet et septembre. Et la moisson fut belle, si je puis dire. J’ai même retrouvé beaucoup de plaisir à regarder des séries télé coréennes, moi qui avait connu une baisse de régime au trimestre précédent. Cela tient sans doute au fait que parmi les sept dramas regardés, deux sont de purs chefs d’œuvres. Deux, vous vous rendez compte ? C’était complètement inespéré ! Je ne partage pas l’avis de ceux qui fustigent la baisse de qualité des dramas. Si je reconnais que beaucoup sont « moyens » (mais toujours aussi agréables à regarder), je trouve qu’il y en a de plus en plus d’excellents ! C’est sûrement grâce à certaines chaînes câblées qui n’hésitent pas à sortir le grand jeu et, parfois, à prendre des risques. Sans oublier des castings de très haut niveau : il peut y avoir de mauvais scénarii, mais je vois de moins en moins de couple d’acteurs mal assortis. Bien au contraire, l’alchimie est très souvent au rendez-vous, et ça compense pas mal de faiblesses. Qui ne prend pas du plaisir à voir des acteurs ravis de jouer ensemble ?

Circle : two worlds connected 

Ah, Circle… Si on aime la science-fiction, Circle, c’est la perfection même du k-drama, dans ce qu’il y a de plus original et de plus abouti. Un vrai petit bijou télévisuel, parfaitement maîtrisé.  C’est simple : j’ai a-do-ré ! Depuis Healer en 2014, aucune série n’avait réussi à faire battre mon cœur avec autant d’intensité. Même Signal, que j’encense pourtant, avait laissé en moi une petite, mais vraiment tout petite, incomplétude. Rien de tout ça avec Circle : j’ai été enthousiasmée dès les premières minutes jusqu’à la toute fin, sans qu’il y ait jamais la moindre baisse de régime, la moindre tentation de « forwarder » pour aller plus vite. Chaque épisode est scindé en deux. L’un dans le présent, l’autre dans le futur. Les intrigues sont bien évidemment imbriquées et c’est tout le génie des auteurs d’avoir su si bien les mettre en parallèle, sans qu’une histoire prenne le dessus sur l’autre. C’est prenant et terriblement addictif ! Il y a beaucoup de suspense et de rebondissements, et les acteurs sont au top, vraiment. Génial. Inventif. Intelligent. Et cerise sur la gâteau, ce qui manquait à Signal justement : un soupçon de romantisme. Comme c’est très différent des séries auxquelles on nous a habitué, je la recommande vivement à tous, mais particulièrement à celles et ceux qui cherchent du renouveau. Que l’on aime ou pas la science-fiction d’ailleurs, car il me paraît impossible de ne pas aimer Circle.

Suspicious partner

 

Affiche du drama Suspicious partner

Ji Chang-Uk… J’ai eu ma période « Ji Chang-Uk », quand je l’ai découvert dans Healer. Oh là là, il me faisait tellement fantasmer que j’en étais complètement ridicule (ma collègue de l’époque devait me prendre pour une folle, c’est sûr). Bref, je pensais sincèrement que jamais personne ne remplacerait Ji Chang-Uk dans mon cœur, parce que c’était tout bonnement impossible, il était trop beau, trop parfait…  Enfin, vous me comprenez… Et puis il y a eu The K2… Et ma passion est retombée encore plus vite qu’un soufflé sorti du four. La faute sûrement à cette bande-son pitoyable, qui a tant écorché mes oreilles que je n’ai pas tenu au-delà du premier épisode. Mais j’ai aussi compris qu’avec Ji Chang-Uk, ça pouvait être tout blanc ou tout noir. Alors forcément, j’ai eu peur en regardant Suspicious partner. Et si c’était du même acabit que The K2 ? Mon cœur meurtri, si fragile, allait-il supporter une nouvelle déception ? J’ai vraiment cru que non. Car je dois dire que les premiers épisodes, sans être désagréables, ne m’ont guère enchantés. Et puis, je me suis mise à apprécier les personnages, plus que l’histoire d’ailleurs. Le héros était présenté au départ comme un simple procureur incorruptible, ce qui était plaisant à regarder, mais sans plus. Et face à une héroïne un peu vive, et malgré ses traumatismes, on découvre petit à petit un homme avec les pieds sur terre et les épaules solides. C’était amusant de voir le jeune Ji Chang-Uk se comporter comme le plus censé de la bande, voire même devenir le patriarche de cette drôle de tribu d’avocats joyeusement loufoques. Et j’ai aimé le personnage féminin joué par Nam Ji-Hyun, parce qu’elle est plus complexe qu’elle n’en a l’air et surtout, parce qu’elle est loin d’être idiote. Enfin un drama où l’héroïne a un peu de jugeote ! Sans être une flèche, elle a une belle capacité d’analyse et de déduction, ce qui fait d’elle une bonne avocate. En bref, un couple réaliste, avec ses bons et ses mauvais côtés, auquel je me suis doucement mais sûrement attachée. Ils subissent beaucoup d’épreuves, mais ils restent concentrés et dignes. Et bien j’ai trouvé ça rafraîchissant ! Marre de ces dramas soi-disant « réalistes » avec des personnages « extrémistes »,  qui ne savent pas exprimer leurs émotions autrement qu’en criant ou en pleurant à chaudes larmes et qui font passer la gent féminine pour une espèce pathétique et débile. Donc merci au scénariste de Suspicious partner de nous avoir délivrés un bon feuilleton solide et un couple sur la même longueur d’ondes et égal à lui-même. J’ai franchement bien aimé.

Fight for my way

Affiche du drama Fight for my way

Les premiers épisodes étaient vraiment chouettes. J’ai pris beaucoup de plaisir à faire la connaissance de cette bande d’amis inséparables, de ces quatre drôles de lurons. Ils sont marrants, ils partagent tout, ils s’envoient des vannes, ils galèrent au taf. Bref des gens qui nous ressemblent. Parmi eux, un couple d’amoureux : ensemble depuis six ans, ils s’aiment sincèrement, mais ils traversent une petite crise (la passion ne dure jamais, triste réalité). Et un couple d’amis. Mais l’amitié entre filles et garçons est-elle possible ? Et comment passer du statut d’ami.e à celui de petit.e ami.e sans rien perdre au change ? Dans les deux cas, des problématiques intemporelles et universelles que je trouvais sympa à explorer. Et puis il a fallu que le personnage de l’héroïne parte en vrille et devienne… hystérique. Bref, tout ce qui fait référence au paragraphe précédent et que je déteste. Nan mais j’ai vraiment cru que j’allais la frapper. Je pourrais écrire des heures sur l’inconsistance d’un tel personnage, son égoïsme, sa stupidité, mais non. Je crois que je vais m’arrêter là, et passer à autre chose. Si vous venez ici chercher un conseil, alors ne faites pas comme moi, n’endurez pas et passez votre chemin.

The best hit (aka Hit the top)

Affiche du drama The Best Hit

Ce petit drama sans prétention s’est révélé être une des plus belles surprises de l’été. J’en ai senti tout de suite le potentiel, et c’est devenu un vrai coup de cœur au fil des épisodes. Si j’admire souvent les personnages créés par les auteurs, et encore plus le jeu des acteurs pour leur donner corps, je m’y attache assez rarement. Dans le foisonnement actuel des séries, on peut dire qu’un héros en remplace facilement un autre. Mais là, c’est différent. J’ai trouvé l’histoire touchante et légère à la fois. J’aime quand les caractères se dévoilent doucement, quand les interactions se précisent et que les protagonistes mûrissent au fil des épisodes. Pas la peine de nous en mettre plein la vue. Des scènes simples, des dialogues vrais. Si je devais définir ce drama en un mot, ce serait celui de « généreux ». Car j’ai vraiment eu le sentiment de recevoir des bouffées d’amour à chaque épisode. Est-ce du fait des acteurs ? Yoon Shi-Yoon est tellement charismatique, Kim Min-Jae à croquer et Lee Se-Yeong particulièrement jolie. Ou du réalisateur, Cha Tae-Hyun ? Ce gars, il est tout simplement extra. Et je trouve vraiment que cette première co-réalisation est à son image : chaleureuse, tendre et généreuse. Quel plaisir de le voir aussi jouer l’un des rôles principaux ! Cette série est aussi un hommage à une époque révolue de l’industrie musicale coréenne. J’ai adoré les rappels faits à l’un de ses représentants les plus emblématiques, le duo Duce, grâce notamment à l’irrésistible groupe J2 et sa chanson « Say it« . S’il y a un seul regret je pense, c’est le fait que j’attendais plus de prestations musicales. La bande-originale est super chouette (pour info, « Beautiful, Beautiful » se prête fabuleusement à une séance de noraebang 😉 ) et étonnamment on attend jusqu’au bout une chanson qui ne vient pas. Un peu dommage bien sûr, mais cela n’enlève rien au ressenti général : bonne humeur et beaucoup, beaucoup d’amour.

Reunited worlds

Affiche du drama Reunited Worlds

J’ai passé les quatre premiers épisodes à piocher dans la boite à mouchoirs. J’ai donc pensé que c’était un super drama, vu que ça commençait très fort. Les huit suivants étaient pas mal non plus, les personnages se mettaient en place, les amis se retrouvaient douze ans après le décès accidentel du héros (oui, le héros revient sur Terre après sa mort, c’est même le sujet de l’histoire). Et puis après, je ne sais pas pourquoi, c’est devenu du gros n’importe quoi. Des scènes bâclées, voire montées à la suite les unes des autres sans aucun lien logique, des scènes complètement inutiles qui auraient du être coupées au montage et qui se retrouvaient là comme un cheveu au milieu de la soupe, des scènes purement commerciales pour présenter un produit publicitaire tellement mal tournées que c’en était ridicule, bref, je me suis demandée ce que le réalisateur avait derrière la tête, si c’était un complot contre la production, voire une arnaque télévisuelle à l’encontre de spectateurs naïfs, mais non, c’était bien la réalité et j’ai du me résoudre à admettre que ce qui avait si bien commencé allait sûrement très mal se finir… Et j’ai vraiment beaucoup souffert de voir Yeo Jin-Goo passé de l’excellent Circle à… ça. Une débâcle. Une descente aux enfers. Je sais, je suis dure, d’autant que les derniers épisodes ont retrouvé un semblant de normalité, mais vraiment, quelle expérience affreuse j’ai subi. Parfois je me demande pourquoi j’endure certains dramas jusqu’au bout. Je m’étais pourtant promis de ne pas continuer à le faire. Mais j’aime tellement les histoires, que même quand elles sont nulles, j’ai envie d’en connaître la fin. Ah ah ! Je ne suis pas sortie de l’auberge… Pour en revenir à ma critique, je pense que vous pouvez sincèrement zapper ce drama. Il a de bons côtés, il n’est pas prise de tête, mais je suis sûre que vous utiliserez à meilleur escient les 16h que vous aurez ainsi économisé.

The bride of Habaek

Affiche du drama The Bride of Habaek

Ce drama est meilleur que le précédent, ça ne fait aucun doute, mais il a pas mal de ses défauts également. Notamment celui d’une réalisation foirée, pour ne pas dire foireuse. Est-ce que le manhwa d’origine était aussi inconsistant ou bien est-ce la faute à un scénario insipide ? Donc on a un dieu qui arrive sur Terre pour accomplir une mission qui lui permettra d’être proclamé empereur. Dans la transition entre ces deux mondes, il perd ses pouvoirs. Il tombe par hasard sur sa « servante » terrestre, dont il finit par tomber amoureux, et retrouve deux de ses amis dieux, qui vivent sur Terre, on ne sait pas bien pourquoi. Et puis il y a une espèce de conflit avec un type qui a des pouvoirs maléfiques. Bon, à la rigueur. C’est inconsistant, mais il y a du potentiel épique dans une telle intrigue. Encore faudrait-il savoir créer l’atmosphère qui va avec : tendue, dramatique, suscitant l’expectative et les attentes. Pour le côté épique, on repassera : les affrontements tournaient au ridicule, les « trahisons » n’en étaient pas et les pauvres acteurs devaient scander des dialogues appauvris, du genre : « je sais que je n’ai pas vraiment de raisons de te détester, mais je déteste et je te détesterai toujours ». Formidable. Quant à l’intensité émotionnelle entre nos deux héros, il y a de quoi s’impatienter : ce n’est pas parce que l’acteur tend son corps à l’extrême tout en plissant légèrement les yeux et que l’actrice qui lui fait face fait glisser doucement des larmes sur ses joues que la scène est vibrante. Enfin, la première fois, oui, mais pas quand le procédé est repris à chaque scène ! Bon sang, quel manque d’originalité ! On ne s’étonnera pas qu’une série fasse un bide avec un tel manque d’imagination. Franchement, on se serait cru dans un mauvais roman Harlequin. J’ai donc passé les derniers épisodes en mode « avance rapide » et à ce jour, je n’ai toujours aucun regret de l’avoir fait ! Au fait, ça finit comment ? Car je n’arrive même pas à m’en souvenir…

Forest of secrets (aka Stranger)

Affiche du drama Forest of secrets

Il paraît que c’est le premier drama de l’auteur (Lee Su-Yeon). Est-ce à dire que nous avons là le nouveau génie de l’écriture sérielle ? Sans nul doute, oui. Car je ne vois pas comment on peut réussir un tel coup de maître sans imaginer que la suite de sa carrière ne soit une succession de hits à son palmarès. Et j’ai hâte de voir son prochain projet, croyez-moi ! Parce que si je devais définir son écriture, le premier mot qui me vient à l’esprit est « élégance ». Oui, ce drama est d’une grande élégance. Je me méfie toujours des séries juridico-politico-policières, parce que le makjang ruine souvent l’ensemble. Et puis le héros a subi dans son enfance une intervention chirurgicale au cerveau et il ne ressent plus aucune émotion. On aurait pu craindre le pire, si l’auteur avait choisi de sombrer dans le sentimentalisme… Rien de tout ça ! Aucune médiocrité, aucune sensiblerie. C’est parfait de bout en bout : le scénario, la réalisation, les acteurs. Tout est irréprochable. Je serai honnête : j’avoue que les mots me manquent pour définir ce drama. J’ai adoré le héros, procureur imperturbable. Il est touchant dans ses tentatives pour essayer de ressentir les choses. On sent combien son insensibilité le perturbe, et on aimerait tant qu’il n’ait plus à subir cette terrible solitude. J’ai adoré l’héroïne, policière justicière. Elle est forte, intelligente et terriblement empathique. Elle ne donne jamais l’impression de juger et pourtant elle reste fidèle à ses convictions. Face à ces deux incorruptibles, il y a ceux qui ont fait le choix de tergiverser. Jusqu’où peut-on aller pour réaliser ses idéaux ? Est-ce que la fin justifie les moyens ? Les réponses ne sont pas si évidentes et c’est bien tout l’intérêt de ce drama que de vouloir tenter d’y répondre. Avec grâce, intelligence et une solide connaissance de la nature humaine. Un sans-faute, à voir de toute urgence si ce n’est pas encore fait.

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