Corée du Sud ou Japon? Je suis sûre que c’est une question qui trotte souvent dans la tête de ceux qui veulent découvrir l’Extrême-Orient. Le Japon est une destination phare en Asie du Nord: rien qu’en 2016, le pays a accueilli 24 millions de visiteurs! On est encore très loin derrière la France qui en comptabilise 80 millions, mais l’écart est encore grand avec la Corée du Sud qui n’a accueilli « que » 17 millions de touristes l’an dernier (ce qui représente tout de même un bond de 30% par rapport à 2015). Alors certes, le Japon est une destination fantastique et il n’est pas question pour moi de dire le contraire, d’autant que c’est un pays que j’adore et que je connais très bien pour y avoir vécu. Mais pour ceux qui hésitent entre le pays du matin calme et celui du soleil levant, voici quelques raisons qui, selon Miss Kim et moi, pourraient vous faire préférer le premier au deuxième. Il ne s’agit pas d’un comparatif, mais bien de définir les particularités coréennes. Que la bataille commence ^^ !

La street food

En fait je pourrais même dire « toute la nourriture » et pas que la cuisine de rue, tant la gastronomie coréenne est délicieuse, qu’elle soit « officielle » ou « populaire ». Un savant mélange de viande ou de poisson et de légumes, avec ce qu’il faut de glucides pour un repas équilibré et diététique : c’est sans aucun doute l’un des points forts de la Corée du Sud. Et si l’on peut parfois reprocher un certain manque de saveur aux plats japonais (ou du moins une certaine neutralité), on ne peut pas en dire autant des plats coréens qui ne manquent pas de piquant, si vous voyez ce que je veux dire! Mais le top pour moi, c’est vraiment la street food, dont je vous parlais d’ailleurs il y a peu dans un article justement intitulé Le meilleur de la street food en Corée. C’est vrai qu’au Japon, on trouve des yatai (des échoppes ambulantes) mais c’est surtout le cas pendant la saison estivale, lorsque les festivals battent leur plein. En Corée, les pojangmacha font vraiment partie du paysage urbain, notamment nocturne. On en trouve à tous les coins de rue, et déambuler au milieu des étals pour calmer ses envies de salé ou de sucré fait partie des plaisirs simples mais indispensables qui rendent un voyage en Corée du Sud absolument dé-li-cieux.

Des stands de nourriture de rue (pojangmacha) dans les rues commerçantes de Busan

Les temples dans les montagnes

J’insiste bien sur le « dans les montagnes » car le Japon regorge aussi de temples bouddhiques et de sanctuaires shintoïstes de toute beauté. Mais ce que la Corée apporte de plus, c’est indiscutablement la petite randonnée pédestre de quelques kilomètres qui précède toute visite au temple. J’exagère (à peine) un peu, c’est parfois une simple promenade, mais comme je l’explique dans mon article sur le temple Bulguksa, entrer dans le monde spirituel implique de se délester de ses soucis terrestres, et la marche qui mène au temple est un bon moyen d’y parvenir. Pour vous détendre et vous relaxer, vous pouvez aussi pratiquer le sanlimyok, la marche méditative en forêt. Traditionnellement, une balade dans les bois est une forme de méditation bouddhiste. Et d’ailleurs marcher au milieu de la nature pour clarifier son esprit et se ressourcer fait partie intégrante des activités proposées dans le programme templestay (séjour au temple). Alors oui en Corée, on marche, on marche beaucoup. Et vous reviendrez d’un séjour là-bas plus en forme que vous ne l’avez jamais été !

C’est souvent à pied qu’on accède aux temples bouddhiques de Corée.

Les palais royaux

Certes le Japon possède des dizaines de châteaux, mais la Corée du Sud brille par la magnificence de ses palais royaux. Rien qu’à Séoul, il en existe quatre principaux (Gyeonbokgung, Changdeokgung, Deoksugung, Changgyeonggun) et un secondaire (Gyeonghuigung). On trouve aussi des résidences royales transformées en palais, comme Unhyeongung, ou encore des palais provisoires comme Hwaseong Haenggung à Suwon. Entre sièges du gouvernement grandioses et demeures intimistes, vous trouverez forcément un palais à votre goût! Et tout est fait pour vous rendre la visite agréable: événements littéraires, cérémonies du thé, musique traditionnelle, illuminations nocturnes, relèves de la garde et bien sûr gratuité à tous ceux qui se présentent vêtus d’un hanbok. Vivez au cœur de la dynastie Joseon le temps d’une journée forcément enchanteresse (j’ai l’impression de faire de la pub pour l’office du tourisme mais je vous assure que c’est vrai ^^).

Le palais Deoksugung de Séoul, l’une des cinq demeures royales de la capitale.

Les pistes cyclables

Si vous êtes cycliste, sachez que la Corée du Sud, c’est le paradis des deux roues. Ce n’est pas moi qui le dis (ça fait deux ans que mon vélo tout neuf est parqué bien au chaud dans ma cave), mais vos amis cyclistes du monde entier (et la liste des blogs qui l’affirment est vraiment très longue). Un effort gouvernemental considérable a permis d’aménager en pistes cyclables les berges des quatre rivières principales (Han au nord, Geum à l’ouest, Nakdong à l’est et Yeongsan au sud), soit près de 1800 km de routes dédiées à la petite reine. Et plus de 300 rien qu’à Séoul. Il est bien entendu très facile de louer des vélos à la journée, et on peut même en trouver gratuitement pour de courtes durées de une ou deux heures. Avec des panneaux de signalisation partout et des aires de repos avec toilettes et fontaines à eaux, faire du vélo s’avèrerait presque un jeu d’enfant. Le revers de la médaille, ce sont les « embouteillages », mais en respectant les règles du cyclisme « à la coréenne », vous ferez de superbes sorties et découvrirez ainsi le charme pastoral de la péninsule.

Piste cyclable longeant la rivière Han dans le district de Gapyeong (province de Gyeonggi-do) ©Hajo Schatz / FlickR

Le pays des dolmen

Saviez-vous que la péninsule abritait la plus grande concentration de dolmens au monde? Près de 40% des dolmens que l’on trouve sur notre planète sont situés en Corée, soit pas moins de 30000 ! Ces constructions mégalithiques, qui sont en fait des chambres funéraires, datent du 7ème au 3ème av. J.-C.. On les trouve essentiellement sur les sites historiques de Gochang, Hwasun and Ganghwa, au sud. Nul besoin d’être passionné de préhistoire pour les visiter. Car admirer une grande concentration de dolmens reste une expérience incroyable… Mais je n’entrerai pas plus dans le détail car ils font partie des sites inscrits sur la liste du patrimoine mondial de l’UNESCO, et j’en parlerai donc dans un prochain article.

Impressionnant dolmen sur le site de Ganghwa ©Christopher John SSF / Flickr

Les marchés

Je ne dis pas qu’il n’y a pas de marchés au Japon. Celui aux poissons de Tsukiji à Tôkyô est mondialement connu. Mais celui de Jagalchi à Busan n’a rien à lui envier. Et d’une manière générale, ce sont tous les marchés coréens qui dépassent en choix et en esprit leur concurrent nippon : produits de la mer, produits de l’agriculture, herbes médicinales, ameublement, vêtements, là encore il y en a pour tous les goûts. C’est plein de vie, on y mange ou on s’y habille vraiment très bien. Et jamais votre bourse ne vous fera défaut, tant la Corée est bon marché justement.

Le marché de Gwangjang à Séoul ©Republic of Korea / Flickr

Les transports

Le coût des transports, c’est quand même le point noir du Japon. Heureusement qu’il y a le Japan Rail Pass… Mais pour ceux qui n’ont pas envie de tout faire en une semaine pour rentabiliser leur carte et qui recherchent un maximum de flexibilité, la Corée est une alternative plus qu’intéressante. Le réseau des transports ferroviaires n’est peut-être pas aussi étoffé, mais les bus vont absolument partout et pour des sommes modiques. Pour vous donner un exemple des prix pratiqués en TGV, un aller Séoul-Busan vous coûtera 50 euros, tandis que vous aurez à débourser 110 euros pour un Kyôto-Yokohama. Soit plus du double pour la même distance. Convaincu ?

Malgré la modernité des infrastructures ferroviaires, le prix des transports reste faible en Corée du Sud.

Le wifi partout

Dire que la Corée du Sud est en avance sur les services technologiques est presque un euphémisme. Ce n’est pas le pays qui présente le réseau Internet le plus rapide au monde (je crois que la palme est décernée à Singapour) mais la qualité de la connexion est telle que notre 4G française passerait volontiers pour ringarde… Pour en profiter pendant votre voyage, vous pouvez prendre un abonnement avec carte SIM, mais vous pouvez aussi largement vous contenter du wifi, disponible très facilement à peu près partout, ce qui est loin d’être le cas au Japon, carrément à la traîne sur ce dossier malgré l’imminence des JO. Et parlant de jeux olympiques, les entreprises coréennes de télécoms ont bien l’intention de nous faire goûter à la 5G pour ceux de Pyeongchang en 2018. Au pays du matin calme, c’est « palli palli » (vite, vite) ou rien 😉

Presque tous les lieux publics des grandes villes proposent le wifi gratuitement. ©Sherwin H / Flickr

Difficile de s’en tenir à ces quelques bonnes raisons de visiter la Corée, car la liste est loin d’être complète, mais il faut bien clore cet article… Que diriez-vous de partager les vôtres en commentaire? J’aimerais beaucoup savoir ce qui vous fait préférer la Corée au Japon. Il y a sûrement beaucoup d’autres raisons auxquelles nous n’avons pas pensé ^^.

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