La maison traditionnelle coréenne, ou hanok, fait partie du paysage et de l’histoire de la Corée du Sud. L’habitat et le type d’habitation reflètent la vie quotidienne, la culture, les technologies, le climat et les croyances des différentes populations qui y habitent et ce, dans tous les pays du monde. Il est intéressant de regarder de plus près comment le hanok est construit en Corée du Sud.

L’emplacement des hanok: une histoire de pungsu (ou feng shui)

Avant de passer à la construction d’une maison, il est primordial de choisir son emplacement. Ce choix est d’autant plus important lorsque que l’on sait que la Corée du Sud est un territoire fait de reliefs montagneux avec des hivers très froids et rudes, et des étés chauds et humides.

L’emplacement n’est pas uniquement une question de climat en Corée du Sud, mais également une question de pungsu ou feng shui en chinois. La nature, les montagnes et les rivières sont omniprésentes, et ces éléments naturels sont fait d’énergies en mouvement en perpétuel changement. Un site présentant ces énergies en abondance sera des plus propices à la construction d’une maison. Le meilleur des emplacements possibles est celui ayant une montagne à l’arrière, qui pourra bloquer le vent, et un terrain avec une rivière à l’avant pour apporter la prospérité.

En ce qui concerne l’orientation de la maison, il est préférable qu’elle soit tournée vers le sud mais ce n’est pas toujours le cas.

@Republic of Korea / Flickr

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Les matériaux utilisés dans les hanok

Après que l’emplacement ait été choisi, il est temps de construire la maison. Différents éléments essentiels sont à prendre en compte pour bâtir une maison solide et digne de ce nom. Fondations, piliers,murs, fenêtres et toits font l’objet de savoir-faire avancés.

Les matériaux utilisés sont essentiellement la pierre, le bois, le papier, la terre et l’argile.

Les fondations

Les fondations des hanok reposent sur des pierres, directement sélectionnées et ramenées des lits des rivières. Ces pierres sont posées à plat sur le sol. Elles sont laissées intactes et ne sont donc pas sculptées pour avoir une surface parfaitement plane et lisse. Ensuite un pilier en bois vient s’ajouter à la verticale sur cette pierre. Afin que ces deux éléments de nature différente puissent s’assembler parfaitement, la base du pilier en bois est sculptée pour épouser les reliefs de la surface de la pierre qui le soutiendra. De cette manière, la pierre fait office de socle et la forme naturelle de ces deux matériaux est préservée. Par contre de nos jours, la plupart des édifices traditionnels, tels que les palais, les temples et les hanok, reposent sur des pierres sculptées à l’identique, ce qui les rend visuellement plus harmonieux.

Pourquoi les Coréens s’embêtaient-ils à ramener une pierre de la rivière puis à y ériger dessus un pilier en bois, alors qu’il aurait suffi de dresser des piliers directement au sol ? Tout simplement parce que si le pilier en bois était posé directement au sol, la pluie finirait par l’éroder. La pierre élève le pilier en bois du sol et sert de socle.

Pourquoi s’embêtaient-ils à sculpter la base du pilier en bois alors que l’ajout d’un produit adhésif était suffisant ? Parce que la moisissure se serait infiltrée et aurait attaqué le bois, ce qui aurait fragilisé la structure.

@Thimothy Brown / Flickr

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Les piliers

Le pilier est un élément fondamental au sein d’un hanok. Avec les poutres, ils ont pour rôle de soutenir la lourde charge que représente le toit. Le choix du tronc d’arbre qui servira de pilier et l’emplacement de chaque pilier dans la maison sont des étapes très importantes à ne pas négliger. Le bois est un matériau organique, donc délicat à manipuler : il a besoin de respirer, il peut pourrir et se déformer.

Il est donc primordial pour le charpentier de comprendre et de connaître les caractéristiques du matériau utilisé. Pour la face sud du hanok, il utilisera des arbres ayant poussés sur le versant sud des montagnes. Et pour la face nord ou l’intérieur du hanok, il utilisera des arbres s’étant développés sur le versant nord des montagnes. Le bois doit s’intégrer dans un environnement similaire à son environnement d’origine afin de continuer à évoluer dans les meilleures conditions qui soient. C’est une affaire très sérieuse. Ainsi, les charpentiers des palais royaux étudiaient consciencieusement l’environnement dans lequel se développaient les arbres avant de faire leur choix et ce, plusieurs années avant le début de la construction d’un palais.

@Thimothy Brown / Flickr

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Les murs

Les murs d’un hanok sont essentiellement composés de terre. Différentes méthodes existent pour construire des murs en terre.

La première méthode consiste à ériger une structure creuse qui délimite les contours intérieurs et extérieurs du mur puis à la remplir. En maintenant une épaisseur de mur de 40 centimètres environ, la maison pouvait être gardée à l’abri de la pluie et une température constante pouvait être maintenue en hiver comme en été.

La seconde méthode consiste à construire une structure en bambou puis à la recouvrir de boue, à laquelle on peut mélanger de la paille pour améliorer le système d’adhésion. La boue peut également être mélangée à de l’eau bouillante et de l’algue. Ce dernier mélange est en effet un excellent enduit, naturel et étanche. Il est même toujours utilisé dans les constructions modernes puisqu’il imperméabilise, permet à l’air de circuler et à l’humidité de s’échapper.

@Republic of Korea

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Les fenêtres

La fenêtre est un élément important dans la maison : elle doit laisser entrer la lumière, ventiler la pièce et aussi protéger de l’air froid extérieur, en particulier l’hiver. En Corée du Sud, la fenêtre traditionnelle est faite de papier conçu avec des fibres d’écorce de mûrier. Ce matériau est semi-transparent, il fait entrer dans la maison une lumière diffuse, non agressive ni éblouissante. Il empêche également l’air froid de pénétrer à l’intérieur et l’air chaud de s’échapper à l’extérieur. Cela ne serait pas possible avec une vitre en verre qui laisserait certes passer la lumière mais qui ne permettrait pas la ventilation.

Il est dit que dans un hanok bien conçu, une personne ne pourra jamais attraper froid.

@Myu-ri

Le toit

Le toit des hanok peut être soit en tuile d’argile soit en chaume. La pente du toit doit être optimale pour que l’eau de pluie y ruisselle aisément sans abîmer la construction. L’avant-toit a pour rôle de protéger le bois des piliers de la pluie. L’avant-toit doit être suffisamment court pour permettre à la lumière du soleil d’entrer à l’intérieur des maisons en hiver et assez long pour les protéger du soleil l’été. Mais sa longueur dépend aussi de la localisation de la maison et surtout du taux de précipitation : pour une meilleure protection, les avant-toits sont plus longs dans les zones très pluvieuses.

Les caractéristiques des maisons avec un avant-toit long ou un avant-toit court sont différentes. Les rayons du soleil peuvent entrer directement dans une maison avec un avant-toit court, alors que ce n’est pas le cas dans une maison avec un avant-toit long qui bloque les rayons et empêche une lumière directe. Néanmoins, les avant-toits longs sont particulièrement efficaces dans l’optimisation de la chaleur solaire. En formant une ombre, ils se comportent comme un store et l’été, les zones à l’ombre sont donc plus fraîches. En hiver, les rayons du soleil sont plus bas dans le ciel et peuvent donc pénétrer sous les avant-toits pour réchauffer les pièces. Les avant-toits longs ont donc l’avantage de fournir une température douce à l’intérieur des pièces en hiver et de protéger de la chaleur l’été.

@Miss Kim

Comme vous pouvez le constater, la construction d’une maison traditionnelle coréenne est une affaire très sérieuse qui requiert de l’expertise. La thématique de l’habitat traditionnel coréen est vaste et nous n’en avons vu qu’un infime partie. Découvrez les différents types de hanok dans cette deuxième partie.

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