Le potentiel de séduction de la Corée du Sud a fortement augmenté ces dernières années : bien qu’émergeant sur la scène internationale, la réussite économique de ce pays impressionne par son ampleur et sa rapidité. La priorité donnée aux technologies d’avenir l’a propulsé en quelques années au rang des pays les plus développés de la planète. Rien d’étonnant donc à ce que les postulants au « rêve coréen » soient chaque jour plus nombreux. Cependant, la Corée du Sud n’est pas réputée pour son ouverture. Elle est même classée dans les bons derniers de la liste des pays qui accueillent le mieux les étrangers. Et pourtant, quelques frenchies ont réussi à s’imposer dans ce monde apparemment fermé. Comment ont-ils fait pour s’installer et vivre en Corée ? Comment se sont-ils faits connaître ? Quelles sont les qualités nécessaires pour percer au pays du matin calme ?

Qualité #1 : Avoir épousé un Coréen

Ida Daussy

Ida Daussy ©Eugene Daussy

Et accessoirement, l’avoir fait à une époque où non seulement le mariage interculturel relevait de la pure incongruité, mais où le nombre d’étrangers en Corée du Sud devait se compter sur les doigts d’une main, rendant l’exercice par nature hautement symbolique. C’est ce qui est arrivé à la jeune Ida Daussy, étudiante fécampoise fraîchement débarquée à Busan au début des années 90. Après l’avoir rencontré sur les bancs d’une fac séoulite, elle épouse son Coréen de mari en 1993 et se fait connaître en participant à une émission de télévision portant sur la langue française. Son mariage mixte, son drôle d’accent et son tic de langage, qui consiste à ponctuer toutes ses phrases d’un « Oh la la » bien de chez nous, la rende suffisamment populaire pour inciter la jeune femme à surfer sur la vague du « made in France » : talkshows, dramas et édition de livres ponctuent la carrière de cette Françoise Moréchand coréenne.

Qualité #2 : Avoir un parent coréen

Julien Kang

Julien Kang ©DR

Et accessoirement, une carrure d’athlète. C’est le cas de Julien Kang, petit frère de David Kang, sportif reconnu dans le monde du MMA (Mixed martial arts – ou combat libre). Né dans la lointaine Saint-Pierre et Miquelon d’une mère française interprète et d’un père coréen travaillant pour la marine marchande, Julien Kang grandit aux Canaries avant de s’installer avec sa famille à Vancouver vers l’âge de 6 ans. Employé dans une société informatique, il décide de quitter le Canada et de tenter sa chance en Corée du Sud, d’abord comme mannequin puis comme acteur. Il débute en 2008 dans un drama de la chaine SBS puis enchaîne les apparitions dans des séries télé. Il ne ménage pas ses efforts pour améliorer son coréen, ce qui lui ouvre les portes d’émissions de télé-réalité célèbres comme Running Man ou We got married. Son fait d’armes ? Avoir été retrouvé le mois dernier errant en état d’ébriété et en sous-vêtements dans les rues de Gangnam. On n’aura jamais rien trouvé de mieux qu’un petit scandale pour faire parler de soi…

Qualité #3 : Parler parfaitement anglais

Adrien Lee

Adrien Lee @Arirang

Et accessoirement, avoir beaucoup de charme ET une petite sœur. Parce que sans les conseils avisés de sa cadette Olivia, le bel Adrien Lee, qui se destinait à une carrière d’ingénieur, ne serait pas devenu le présentateur vedette de Showbiz Korea, une émission sur les célébrités coréennes et l’industrie du divertissement proposée par la chaine anglophone Arirang. Ce fils d’un sportif sud-coréen marié à l’universitaire Martine Prost est né à Séoul mais a grandi à Paris. Il a peaufiné sa maîtrise de la langue anglaise pendant ses années universitaires, notamment en Suède où il a vécu quelque temps. En plus d’être présentateur télé, il a animé de longue années Catch the Wave, une émission de radio pour la même chaine. C’est d’ailleurs dans ce programme qu’il accueillait chaque semaine Hyunwoo Seonsengnim, le célèbre professeur du non moins célèbre site d’apprentissage en ligne Talk to me in Korean.

Qualité #4 : Prendre un nom coréen

Fabien Yoon

Fabien Yoon @DR

Et accessoirement, pratiquer le taekwondo. Comme Fabien Yoon, de son vrai nom Fabien Yves Jérôme Corbineau. Ce fils d’un Français et d’une Vietnamienne a grandi en accompagnant sa mère sur les plateaux télé, où elle officiait en tant que scénariste. Un contrat dans une agence de mannequin parisienne, et hop, le voilà qui débarque en Asie à l’âge de vingt ans. Après quelques mois passés à travailler entre la Corée du Sud et le Japon, il décide de s’installer définitivement à Séoul en 2008 et décroche un petit rôle en anglais dans un drama de la MBC. Il étudie avec ardeur la langue coréenne dans l’espoir d’obtenir de nouveaux rôles. Depuis, on l’a vu apparaître dans des séries à succès comme Lie to Me ou The King 2 Heart. Animé d’une forte volonté, le jeune Fabien a réussi à se faire un nom dans le monde très fermé du show-biz. Il a publié en 2016 un livre en français sur la gastronomie coréenne, mettant à profit son passage remarqué dans une émission de cuisine nationale.

Qualité #5 : Être considéré comme le « flower boy français »

Robin Deiana

Robin Deiana ©TopStarNews

Et accessoirement, être interviewé par Marie Claire dans son numéro de septembre. Le b-boy Robin Deiana a en effet eu les honneurs de la presse française. Ce jeune danseur de breakdance est venu en Corée à l’occasion d’une tournée mais il reconnaît qu’il était déjà grand amateur de ses émissions de divertissement et qu’il parlait un peu le coréen. Très vite repéré, il a participé à quelques programmes et a également tourné dans des publicités. Son niveau de langue s’est amélioré et sa carrière décolle, surtout depuis qu’il a participé à un télé-crochet consacré au trot, la chanson populaire classique du début du 20ème siècle, ainsi qu’à l’émission Non Summit, pendant plus d’un an.

 

De ce top 5 des frenchies les plus célèbres de Corée, on notera qu’il veut mieux être un garçon pour réussir (la jeune chanteuse Olivia Rite, qui avait réussi à intégrer un groupe de K-pop l’an dernier, aura malheureusement vu l’expérience tourner court), si possible jeune et beau – au mieux eurasien -, et que dans tous les cas, la connaissance de l’anglais et du coréen est indispensable. Le charme de nos compatriotes fait encore des merveilles. Mais plus que leur origine française, c’est plutôt leur aptitude à s’adapter à la société coréenne qui semble avoir joué en leur faveur. Toutefois la France ne se résume pas au bagout de ces jolis minois. Des progrès restent encore à faire pour exporter un peu de notre culture.

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